Quoique ...

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mercredi 1 février 2006

L'homme qui marche

Saint Paul de Vence, village vanté par un couple célèbre, une Colombe d'Or plânant sur leur souvenir. Un des plus beaux villages de France.

Quoique ...

Saint Paul de Vence possède une oeuvre que je considère comme totale. Du moins l'était-elle quand j'y suis allée. Peut-être est-ce le fait du hasard. J'en doute. Je crois plutôt qu'une fée scénographique sévissait en ces lieux. Ou est-ce le lieu qui l'inspirait ainsi ? Est-ce le lieu qui magnifie le travail du scénographe ou l'inverse ? Peu importe. En tout état de cause, la fondation Maeght, même si elle était vide de toute oeuvre, est extraordinaire en soi.

S'il est un endroit où le genius loci s'applique, c'est bien celui-ci. Installée en amont du village sur un promontoire naturel, l'architecte JL Sert joue de son insertion dans le paysage : le bâtiment et son site ne forment qu'un et se mettent mutuellement en valeur. La fondation se love entre les pins parasols et ouvre son regard sur la vallée.

Le parcours de la visite commence par l'intérieur du bâtiment. Au pied d'un escalier, tourner la tête à gauche et regarder par la fenêtre procure une vue saisissante : le raz du sol à hauteur d'yeux, l'herbe comme dans microcosmos. Se sentir ainsi minuscule, comme écrasé au pied d'une sculpture, tel un insecte perdu sur le sol herbeux d'un patio avec pour seul échappatoire le ciel, mais si loin, si haut, in-atteignable à moins de voler ...
Ne jamais oublier que cette perception spatiale inédite ne doit rien au hasard : elle a été imaginée et réalisée par JL Sert ...

Monter un escalier, et à mesure que l'on avance, voir progressivement surgir un marcheur de Giacometti qui semble traverser la salle sans nous voir ... et tandis que le regard se porte sur cette ombre inclinée, distinguer, flou, en arrière-plan, un mur foisonnant de couleurs ... se sentir interpellé par ses formes qui évoquent la douceur ... mais le regard a besoin de s'accommoder, il est arrêté sur un marcheur proche, il part sur un arrière-fond coloré ... vers la surprise. Une toile immense : La Vie de Chagall.
Ne jamais oublier que cette succession d'émotions visuelles ne doit rien au hasard : elle a été imaginée et réalisée par un fée scénographique ...

Observer et écouter chaque espace, chaque recoin parcouru. Ressentir cette promenade architecturale ponctuée de peintures et de sculptures. Goûter à quel point, chacune est à sa place et participe du tout, construit l'oeuvre, la fait vivre ... Oeuvre qui se regarde, qui se répond à travers ses patios, qui tantôt se referme sur elle-même ou s'ouvre sur le paysage ...

Pas de génie du lieu ? Pourquoi dès lors l'objectif a-t-il saisi ce que l'oeil n'a pas vu : l'homme qui marche ...

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lundi 30 janvier 2006

L'arpenteur

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C'est un montagnard, un vrai. Au teint bronzé et aux cheveux blancs. A la démarche lente et sûre.

Au début était la marche. Il parcourut le plateau de long en large. Il monta au delà. Il descendit en deçà. Il s'y posa, s'y installa, s'y intégra, en escalier.

Il n'en tira pas une immense gloire. Ce fut le prix de sa liberté.

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mardi 24 janvier 2006

L'homme de Rio

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Voilà un film qui parle au plus grand nombre et qui n'a pas pris une ride. Tous les ingrédients de la réussite y sont : la comédie, un beau couple jeune et bronzé, une aventure au soleil, un enfant facétieux et un trésor mystérieux.

L'homme de Rio c'est un mélange entre Indiana Jones et L'oreille cassée (Tintin) à voir pour passer un bon moment.

Il ne semble avoir pour prétention que de distraire. Il permet cependant de découvrir l'incroyable Brasilia* photographiée sous ses plus beaux atours, lors de sa construction. Il fait donc aussi figure de témoignage historique. Peu nombreux sont les films qui montrent la construction d'une ville !

Un film à voir et à revoir en famille ...

Quoique ...

*d'Oscar Niemeyer et Lucio Costa

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mardi 17 janvier 2006

L'amoureux des villes

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Je ne-sais-plus-qui a écrit : " Ce que tu n'as pas dessiné, tu ne l'as pas vu ". C'est assez vrai. Quoique ...

Bruno ne dessine pas. Du moins, je crois. Du moins, je ne l'ai jamais vu dessiner. Photographier, si.
Mais ce n'est pas le genre qui ne regarde qu'au travers de l'appareil. Non, rien à voir avec les Japonais.

Bruno regarde. Intensément. Passionnément. Inlassablement. Bruno regarde la ville. Toute la ville, toutes les villes. Les grandes, les petites, les belles et les moches. Toutes. Et il les regarde avec émerveillement.

Et parfois, mais sans doute pas toujours, il ressent le besoin de fixer ce qui l'a enthousiasmé. Et ce qui l'a enthousiasmé, nous, nous ne l'aurions même pas remarqué. Mais lui si. Car il pose un vrai regard sur la ville, le regard que seuls posent les amoureux. Et les amoureux ne dessinent pas l'objet de leur amour.

Quoique ...

Posté par Leelooo à 23:09 - Le Pas - Commentaires [0] - Permalien [#]
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